Alors que les opérations de rationalisation se poursuivent dans les entreprises, les logiciels Open Source continuent leur chemin notamment en matière d’infrastructure de communication (Web, mail, serveurs de fichiers). Une progression suffisamment importante pour faire passer le leader mondial du logiciel du dédain à la campagne de lutte mondiale , “chiffres” à l’appui.
Un tel baroud d’honneur pourrait laisser penser à tort que la guerre est gagnée, cela serait oublier qu’il reste une conquête de taille pour le logiciel Open Source… Celle qui au delà de l’infrastructure lui permettra de prendre pied dans l’univers des applications métiers et critiques des entreprises.
La bataille est déjà lancée, avec un nouveau noyau GNU/Linux (détails techniques), plus gros bien sur mais surtout fort d‘éléments indispensables à l’entreprise. Réactivité améliorée, multi-threading revu et intégré au noyau (le monde Java devrait donc enfin respirer), support des processeurs 64 bits, des derniers matériels et protocoles à la mode, gestion des fichiers étendue, avec support d’attributs évolués sur les fichiers juste pour jeter une pierre dans le jardin du futur Longhorn…
Naturellement un bon noyau ne fait pas tout, les membres de l’OSDL (Open Source Development Lab) l’ont bien compris. Rejoints par Novell, Network Appliance et Wind River, ils entendent rendre GNU/Linux incontournable pour les applications critiques notamment de Data Center ou dans les télécommunications et les matériels embarqués.
Enfin on voit émerger nombre de projets et de ressources métier à l’image de ce nouveau portail français dédié au secteur médical sur le modèle de sites déjà bien étoffés comme Linux Med News ou encore l’initiative de la distribution Linux Debian : [Debian-Med->http://www.debian.org/devel/debian-med/] : une distribution GNU/Linux adaptée pour les professionnels de la santé.
Reste l‘éternelle opération d‘évangélisme et d’ouverture d’esprit à mener. Certains l’ont bien compris à l’instar gouvernement israélien qui après avoir gelé ses achats de licences logicielles entend bien déployer Open Office à l’ensemble de son administration. On aurait aimé entendre la même chose du Ministère de l‘Éducation Nationale qui n’aura pas hésité à s’engager comme un seul homme à faire acquérir rien de moins que 450000 licences Microsoft Office aux établissements sous sa tutelle.
Mise à jour :
Le texte de l’accord cadre entre le Ministère de l’Eduction Nationale a été remanié depuis la parution de cet édito, notamment concernant la formulation de l’engagement portant sur le volume des licences. Une modification qui ramène le texte au statut d’accord commercial sur le prix plutôt bien négocié en faveur des établissements.
Reste à espérer, aux cotés de cet accord, une politique ambitieuse du Ministère en terme de logiciels libres.

