Le secteur informatique est entré depuis plusieurs mois déjà dans l‘ère de la délocalisation. Rien ne sert de le nier. Cette transformation du secteur est à l’oeuvre, elle est même pour certains acteurs l’un des rares marchés de croissance dans l’industrie du service.
La question n’est donc pas de savoir si le phénomène a lieu mais bien de déterminer le positionnement de la France et des entreprises dans ce mouvement et en conséquence les moyens à se donner pour tenir la stratégie fixée.
Un cap d’autant plus important que les secteurs les plus touchés, notamment l‘édition et le développement logiciel sont parmi nos secteurs d’excellence, ce qui n’est pas nécessairement le cas de pays, y compris les États Unis, plus prompts à passer en pertes et profits ces activités.
A ce titre, le cas de l’industrie est exemplaire. Si l’Europe et la France ne sont pas dans la situation désastreuse des États Unis où le gouvernement fédéral est contraint de voler au secours des industriels (La Tribune du 3 octobre) pour tenter de stopper l’hémorragie de PIB et d’emplois, le secteur à toutefois subi une transformation profonde à méditer. Car on l’oublie toujours un peu vite, mais derrière l’usine, il y a la recherche et l’innovation… Et à délocaliser l’un trop imprudemment, on peut très vite se retrouver sans le second.
Pour l’informatique, comme pour l’industrie, le challenge est donc de tirer profit de la délocalisation tout en maintenant le niveau de l’innovation et il est heureux que l’Europe ait choisi dans cette optique de lancer des chantiers ambitieux à hauteur de plusieurs milliards d’euros.
Le chemin sera rude pour les clients comme pour les prestataires, il requiert méthode et vision pour les entreprises, politique volontariste pour l‘état et une inflexion sensible de la formation à venir de nos ingénieurs. Cependant il y a, c’est certain, matière à capitaliser sur cette mutation à l’instar d’une industrie française, qui sans en avoir l’air, reprend le dessus.

