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Innover encore et toujours !

Fri Nov 21 10:47:36 2003
 

Le secteur informatique est entré depuis plusieurs mois déjà dans l‘ère de la délocalisation. Rien ne sert de le nier. Cette transformation du secteur est à l’oeuvre, elle est même pour certains acteurs l’un des rares marchés de croissance dans l’industrie du service.

La question n’est donc pas de savoir si le phénomène a lieu mais bien de déterminer le positionnement de la France et des entreprises dans ce mouvement et en conséquence les moyens à se donner pour tenir la stratégie fixée.

Un cap d’autant plus important que les secteurs les plus touchés, notamment l‘édition et le développement logiciel sont parmi nos secteurs d’excellence, ce qui n’est pas nécessairement le cas de pays, y compris les États Unis, plus prompts à passer en pertes et profits ces activités.

A ce titre, le cas de l’industrie est exemplaire. Si l’Europe et la France ne sont pas dans la situation désastreuse des États Unis où le gouvernement fédéral est contraint de voler au secours des industriels (La Tribune du 3 octobre) pour tenter de stopper l’hémorragie de PIB et d’emplois, le secteur à toutefois subi une transformation profonde à méditer. Car on l’oublie toujours un peu vite, mais derrière l’usine, il y a la recherche et l’innovation… Et à délocaliser l’un trop imprudemment, on peut très vite se retrouver sans le second.

Pour l’informatique, comme pour l’industrie, le challenge est donc de tirer profit de la délocalisation tout en maintenant le niveau de l’innovation et il est heureux que l’Europe ait choisi dans cette optique de lancer des chantiers ambitieux à hauteur de plusieurs milliards d’euros.

Le chemin sera rude pour les clients comme pour les prestataires, il requiert méthode et vision pour les entreprises, politique volontariste pour l‘état et une inflexion sensible de la formation à venir de nos ingénieurs. Cependant il y a, c’est certain, matière à capitaliser sur cette mutation à l’instar d’une industrie française, qui sans en avoir l’air, reprend le dessus.

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Anticipation

Thu May 8 18:25:01 2003
 

Hier encore métier artisanal, l’informatique se veut aujourd’hui très largement une industrie. Nul autre secteur de l‘économie n’aura évolué à un tel rythme. A-t-on encore les moyens d’anticiper les évolutions sociales et humaines de ce secteur dans les années à venir ?

L’explosion de la bulle Internet à sonné le glas de l’informatique « créative », sorte de monde à part fait de prototypes et d’œuvres, à défaut de chef-d’œuvres. Déjà, l’informatique de gestion, confrontée aux contraintes de l’univers bancaire avait du réagir.

Alors que les entreprises « rationalisent », c’est toute l’informatique, y compris les nouvelles technologies qui doit intégrer les contraintes de l’entreprise, et cela sans délai. Une transformation aidée par la maturité croissante des technologies clefs.

Quel est l’impact de cette transformation du logiciel en bien de consommation calibré ? D’ores et déjà nombre d’acteurs majeurs du secteur créent des pôles de compétences de plusieurs milliers d’hommes en Inde ou ailleurs.

Cette situation n’a rien d’original et d’autres secteurs industriels, bien avant l’informatique, ont très largement déserté les pays riches. La clientèle dans sa grande majorité s’en tient aux rapports qualité/prix acceptables (ou accessibles) pour un bien de grande consommation. Il en résulte un marché majoritairement délocalisé complété de niches (le luxe par exemple).

Cette situation est-elle transposable à l’informatique ? L‘édition logicielle a déjà habitué sa clientèle à la notion de rapport qualité/prix. Le client tolère des dysfonctionnements, et les intègre dans un ratio satisfaction/coût. Ceci avec d’autant plus de facilité que l’utilisateur de logiciel est rarement en mesure de comprendre les mécanismes de fabrication de son outil. Il y a donc fort à parier qu’entre un logiciel d’importation & un logiciel fabriqué localement, le client se borne à sa comparaison habituelle : satisfaction / coût.

Naturellement cette vision est caricaturale et l’on sent bien que tous les métiers de l’informatique ne seront pas également sensibles à cette poussée de délocalisation, sans parler du trublion qu’est l’Open Source. Cependant il est temps de s’interroger sur la formation des hommes et les femmes qui intègreront ce secteur dans le années à venir.

A noter :

  • les propos de Paul Hermelin, président de Cap Gemini Ernst & Young, qui estime que le secteur devrait subir une délocalisation comparable à celle de l’industrie textile.
  • Un article complet du Monde.
  • Enfin un article du Monde Informatique(16 mai) à propos d’une étude du Gartner Group qui enfonce le clou : l’article en question


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A noter cette dépêche sur l’offshore aux USA et les prévisions d’embauche :

- [la dépêche du Monde Informatique->http://www.weblmi.com/news_store/2003_05_07_Embauches_au_plus_ba_38/News_view]