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Comique de répétition

Fri May 19 10:02:23 2006
 

Au secours les brevets reviennent. Tel pourrait être le slogan des partisans de l’Open Source. Après avoir été recalé par deux fois, on s’attend donc de nouveau à discuter de brevetabilité du logiciel au parlement européen.

Il y a deux points irritants dans cette histoire. Tout d’abord le fait que les instances exécutives de l’union européenne semblent vouloir confondre proposition et harcèlement. Que dire en effet du comportement qui consiste, faute d’avoir su faire adopter ses idées, à sans cesse remettre à l’ouvrage un sujet déjà discuté et en son temps rejeté ? Ce n’est pas l’idée que je me fais d’un fonctionnement honnête des institutions.

Enfin, ne doit on pas s’interroger sur la santé mentale des promoteurs (fonctionnaires ou politiques) de cette idée. Car même à supposer que les dits brevets soient une bonne chose (et toute opinion est légitime à ce sujet), on ne peut tout de même pas proposer leur mise en oeuvre dans l’absolu en niant la réalité du terrain.

Et quelle est la réalité européenne ? La réalité c’est que les dépôts de brevets sont fait d’entreprises extérieures à l’union européenne. Si demain on devait autoriser le brevet logiciel, les entreprises européennes, et notamment l’ensemble des PME innovantes de ce territoire, seraient confrontées à une déferlante de brevets déposées par des sociétés rompues à l’excercice.

Au dela du problème de fond, il y a donc un problème politique : défend on dans cette histoire l’intérêt des européens ou bien fait on preuve au mieux de dogmatisme au pire d’accointances facheuses ?

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L’Europe est ainsi faite qu’elle n’a même pas encore d’instinct de survie.
Ainsi, contre les avis les plus éminents, et contre son intérêt propre,
la commission juridique du parlement européen va proposer
l’adoption de la brevetabilité du logiciel.

Est-ce un drame me direz-vous? Après tout, depuis les premières patentes
accordées du fait du roi, ce système a accompagné les siècles parmi les plus
innovants.

En réalité le problème est moins d‘élargir le champ du brevet que d’entériner
une pratique dévoyée de celui-ci. Il est loin l’esprit du brevet ou l’inventeur
se devait d’exhiber un procédé réellement nouveau et faisant preuve de créativité.
Aujourd’hui on brevette tout et n’importe quoi. Car le brevet n’est plus une
protection de la recherche accomplie, il est une arme de théoriciens du droit, plus efficace
encore que le marketing pour éliminer les concurrents gênants.

Et dans la panoplie du parfait avocat d’affaire, il manque l’arme ultime :
la brevetabilité, non pas du logiciel, pas d’illusion à avoir, mais de l’algorithme,
de la mécanique intellectuelle, bref de l’idée.

Arme fatale, naturellement. Enfin fatale surtout pour les milliers de PME dans le monde
qui ne manqueront pas de plier sous les injonctions et autres procès de grands groupes
adeptes des prétoires.

Voilà pourquoi, sauf à commencer par rejeter la moitié des brevets déjà accordés,
la brevetabilité du logiciel n’est qu’un cheval de Troie visant à fausser la libre
concurrence de demain au profit des leaders d’aujourd’hui.

Mise à jour :

Le vote initialement prévu le 1er septembre est repoussé à la session du 22-25 septembre. Un n-ième délai pour un vote où décidément les ficelles semblent bien grosses.

Quelques liens :

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